22/02/2009
Sillage de lumières... Prose de Jean-Paul Gavard-perret
A comme ange Quand il devint blanc il fut le bourreau de Béthune. Toujours sa main de fièvre se penche sur Marie Pour lui annoncer des magies souterraines. *** B comme brasier Monte et suinte de l'écorce, fait les naissances latentes Et les morts miraculeuses. *** C comme ciel Dans les profondeurs de son ombre de pâle glycine Il y a toujours une lampe pour en ranimer l'éclat. Dans ses plis de rideaux de neige : la solitude. *** D comme diamant Enchante la misère par sa lumière abstraite. A souvent des odeurs d'alcôve sur la gorge des sirènes Qu'il transforme en d'étranges nymphéas ouverts au plus offrant. *** E comme éclair Au losange du ventre est comme une fumée d'orange, D'amour brûlé et d'étreintes aux arômes du sud. Ensevelit les spasme par l'entrebâillement d'un tissu amarante. *** F comme flamme Astrolabe et cambrure. Phénix et frôlement des hanches sous la cendre. Toison de bête boréale aux rousseurs de louve lasse. *** G comme galaxie Préau des mondes orphelins Hors du temps, prolonge les enfants allusifs. Leur souffle sur la vitre devient des étoiles de givre. *** H comme halo de lumière Prend forme de gisant sur les fresques le soir Semble un couple déclinant Qui finit, nostalgique, de sombrer vers le large. *** I comme illumination Hibou à prunelles de soufre Bec des tempêtes rimbaldiennes Icebergs de la métempsychose. *** J comme Jupiter Craquait comme une armoire paysanne Dut attendre des trains de nuit dans le désastre des gares Avant de bramer dans leurs couloirs. *** K comme Kaléidoscope Leurs balafres de lumière Donnent la primeur aux éclats des couleurs c'est un soir de pluie sur un air de reggae. ***
L comme Lune En plus belle des femmes Elle a un harmonica accroché à ses lèvres de mémoire Le passant nocturne y retrouve sa maison astrale. *** M comme mars Silhouette errante Fantôme de l'autre rive du temps Lorsque s'effondre le pont du crépuscule. *** N comme Néon Lueur d'ornière familière Si lointainement familière Inexplicable porte d'un cinéma de quartier. *** O comme Obscurité Prélude à l'illimité Vague tropisme où la mort s'aventure Et nous approche du fond des couloirs. *** P comme Phare Hautbois pour l'étrangeté de la mer Veut se séparer des rocs millénaires Où se ramifie le corps pétrifié du silence. *** Q comme Quasar Bord glacé de l'ombre Goudron d'ombre à relent de muscade Séisme des rues grises. *** R comme Rubis Comme une rose éclose seulement de l'intérieur A la couleur du sang des songes Où déferle le temps sur un pont de fer. *** S comme Soleil Etranglement des brumes Au point du jour sur le talus d'aurore Tente d'effacer nos penchants nocturnes. *** T comme ténébrescence Passe dans le pourpre et les fruits d'automne Fait le verger en fièvre Et les chambres en sève. *** U comme Uranus Orgue à brouillard Testament d'os, de sanglots, de brindilles Cocaïne des champs d'orties. *** V comme Vitrail Garde l'insondable profondeur de l'âme Grimoire à fondre dans les flaques de sa lumière. Effrite le noir en débris. *** W comme Warning Ses coups de serpe et scansions en rafales Jonchent la mémoire mécanique Pour que l'indifférence se déchire. *** X comme Xanthie Croix noire de son spasme Trépanation des pierres de folie Glas des roseaux endormis. *** Y comme Yoga Velours et broderies des prairies prénatales Gestes sanctuaires et tango Fouet dans le boudoir. *** Z comme Zodiaque Coulisse sans heurt sur son ogive Pour certains se crispe comme l'idéal Dans la longue habitude de la pointe de leurs soirs. *** |
17:50 Publié dans Sillage de lumières | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : aquarelle, encre de chine, poésie, poème, art, peinture, peintures, lumière |


































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