08/02/2009

Sillage de lumières... Prose de Jean-Paul Gavard-Perret



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A comme ange






Quand il devint blanc il fut le bourreau de Béthune.
Toujours sa main de fièvre se penche sur Marie
Pour lui annoncer des magies souterraines.


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B comme brasier









Monte et suinte de l'écorce,
fait les naissances latentes
Et les morts miraculeuses.


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C comme ciel









Dans les profondeurs de son ombre de pâle glycine
Il y a toujours une lampe pour en ranimer l'éclat.
Dans ses plis de rideaux de neige : la solitude.


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D comme diamant









Enchante la misère par sa lumière abstraite.
A souvent des odeurs d'alcôve sur la gorge des sirènes
Qu'il transforme en d'étranges nymphéas ouverts au plus offrant.


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E comme éclair











Au losange du ventre est comme une fumée d'orange,
D'amour brûlé et d'étreintes aux arômes du sud.
Ensevelit les spasme par l'entrebâillement d'un tissu amarante.


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F comme flamme




Astrolabe et cambrure.
Phénix et frôlement des hanches sous la cendre.
Toison de bête boréale aux rousseurs de louve lasse.


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G comme galaxie










Préau des mondes orphelins
Hors du temps, prolonge les enfants allusifs.
Leur souffle sur la vitre devient des étoiles de givre.


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H comme halo de lumière




Prend forme de gisant sur les fresques le soir
Semble un couple déclinant
Qui finit, nostalgique, de sombrer vers le large.



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I comme illumination








Hibou à prunelles de souffre
Bec des tempêtes rimbaldiennes
Icebergs de la métempsychose.



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J comme Jupiter






Craquait comme une armoire paysanne
Dut attendre des trains de nuit dans le désastre des gares
Avant de bramer dans leurs couloirs.



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K comme Kaléidoscope









Leurs balafres de lumière
Donnent la primeur aux éclats des couleurs
c'est un soir de pluie sur un air de reggae.


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L comme Lune









En plus belle des femmes
Elle a un harmonica accroché à ses lèvres de mémoire
Le passant nocturne y retrouve sa maison astrale.


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M comme mars









Silhouette errante
Fantôme de l'autre rive du temps
Lorsque s'effondre le pont du crépuscule.


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N comme Néon










Lueur d'ornière familière
Si lointainement familière
Inexplicable porte d'un cinéma de quartier.


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O comme Obscurité










Prélude à l'illimité
Vague tropisme où la mort s'aventure
Et nous approche du fond des couloirs.


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P comme Phare









Hautbois pour l'étrangeté de la mer
Veut se séparer des rocs millénaires
Où se ramifie le corps pétrifié du silence.


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Q comme Quasar









Bord glacé de l'ombre
Goudron d'ombre à relent de muscade
Séisme des rues grises.


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R comme Rubis






Comme une rose éclose seulement de l'intérieur
A la couleur du sang des songes
Où déferle le temps sur un pont de fer.


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S comme Soleil











Etranglement des brumes
Au point du jour sur le talus d'aurore
Tente d'effacer nos penchants nocturnes.


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T comme ténébrescence








Passe dans le pourpre et les fruits d'automne
Fait le verger en fièvre
Et les chambres en sève.


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U comme Uranus









Orgue à brouillard
Testament d'os, de sanglots, de brindilles
Cocaïne des champs d'orties.


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V comme Vitrail











Garde l'insondable profondeur de l'âme
Grimoire à fondre dans les flaques de sa lumière.
Effrite le noir en débris.


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W comme Warning










Ses coups de serpe et scansions en rafales
Jonchent la mémoire mécanique
Pour que l'indifférence se déchire.


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X comme Xanthie










Croix noire de son spasme
Trépanation des pierres de folie
Glas des roseaux endormis.


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Y comme Yoga











Velours et broderies des prairies prénatales
Gestes sanctuaires et tango
Fouet dans le boudoir.


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Z comme Zodiaque











Coulisse sans heurt sur son ogive
Pour certains se crispe comme l'idéal
Dans la longue habitude de la pointe de leurs soirs.



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