13/10/2008
Les montreurs d'hommes
Zéro de conduite forcée.
De conduite zérotique ou zhéroïque parfois.
D’un rose cendré de fessée
Chez les écoliers buissonniers qui le vendangent...
Le un se veut multiple
Mais c’est une illusion d’optique.
Un est un autre.
C’est le caprice des lueurs couchantes,
Le retard des trains du soir.
Deux se veut éternel.
Il est fait l’un pour l’autre.
Mais par sa forme escarpée la question est posée :
Peut-on se fier longtemps à lui ?
Trois de liaison et de rendez-vous.
Se conjugue au théâtre ou dans les hôtels de gare.
Deux y laisse son latin,
Ses pommes troubles et la tourbe des regrets.
Quatre de belote.
Douillettement hagard.
Sa nageoire lui coupe sa dorsale
Tandis que sa hampe voudrait le faire passer
Pour l’étrave d’un paquebot.
Cinq chante ou crève de solitude
Comme une cymbale dont les fûts qui l’accompagnent
Par leur peau crevée ont perdu leur âme.
Six ventripotent mais parfois beau comme un ange.
Craint cependant le cholestérol et le diabète.
Le sexe lui va comme un gant à une mouette.
Sept se prend souvent pour le chiffre de la chance
Sans comprendre qu’il n’est qu’un quatre à la renverse.
N’est donc pas à la hauteur de ses ambitions.
Huit du déclin.
Double zéro en quelque sorte.
Rien d’autre qu’un vélo qui rouille dans ses flaques.
Orgue à brouillard.
Neuf automnal.
Tuilerie des amours qui nous grisent.
Se veut kiosque à musique pour les âmes en débine,
Accroche cœur et salsa des élégies.
Tous les dix le soir venu, se mettent à table pour boire comme des revenants. Sous la tonnelle du café la fée Loto s’enfante de leur pollen et sort en souriant du ventre qu’on lui prête. Des limbes de la nuit montent des icebergs de rêves de fortune dont la plupart s’écroulent comme s’effondrent, en Espagne, les châteaux de cartes. 0,1,2,3,4,5,6,7,8,9…… et 10 de der.
Jean-Paul Gavard-Perret .
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